Face au confinement, les enseignes de mode avancent aux ralentis avec des employés absents des bureaux et aucun échange d’échantillons possible pour suivre le développement des collections. Les salons de mode ont eux aussi fermé leurs portes et les livraisons de marchandises ou de commandes clients sont rares. Les rencontres avec les fournisseurs sont un lointain souvenir, car entre les grèves, les gilets jaunes, les périodes de noël, le nouvel an chinois, se déplacer était déjà une épreuve depuis 2019.

Par conséquent, des retards sur les collections se font déjà sentir, des commandes et des produits sont annulés s’ils ne sont pas déjà en cours de production, les quantités sont revues à la baisse. Mais comment continuer à développer les collections dans ces conditions ? Et comment maintenir les actions mises en ouvre sous la contrainte, mais présentant des opportunités économiques et écologiques.

Bien que cette période soit compliquée pour tous, c’est l’opportunité de faire un pas en avant en accélérant la mise en place des bonnes pratiques écologiques et innovantes. Cela est aussi un bon moyen de devancer les concurrents en préparant le tournant technologique que l’industrie du textile est en train de vivre.

Nous allons passer en revue trois propositions alternatives non exhaustives dans cet article.

1 // Des rencontres en ligne, pour une réduction des émissions de C02

En moyenne, les acheteurs textiles voyagent 8 semaines par an. A présent, les voyages sont interdits, et les salons de mode repoussés. On distingue alors l’essor des plateformes en ligne de mise en relation entre acheteurs et fournisseurs où le premier avantage est de permettre de continuer le sourcing fournisseur. Le second avantage est financier, car un abonnement annuel coûte le prix d’un seul voyage. Le dernier et plus important avantage est écologique : la réduction conséquente du nombre d’aller/retours, et donc d’émission de CO2 car un Paris-Chine en avion équivaut à 3m2 de banquise en moins pour nos ours polaire, selon une étude parue dans la revue Science.

Aujourd’hui, il faut plus de 15 allers / retours par avion pour un créer un seul produit !

Dans une enseigne textile, à chaque saison (entre 4 et 6), les acheteurs lancent les appels aux produits auprès de leur parc fournisseurs. Afin de remporter l’appel d’offre produit, les fournisseurs proposent jusqu’ à cinq prototypes tout droit sortie de leur usines, en envoi express, car la sélection a lieu quelques jours après, et l’enjeu pour le fournisseur est grand. Ensuite, s’en suit le cycle perpétuel de création de produits : les échantillons pour valider la gradation des tailles, les échantillons pour valider les accessoires, les coloris, le produit dans sa totalité, les échantillons pour le shooting photo, les échantillons pour archive … soit plus de 15 allers / retours par avion pour un créer un seul produit ! Avec une moyenne de 400 produits à 1000 produits par an, cela en fait des tonnes de matières jetées à la poubelle pour pouvoir proposer le produit le plus attrayant en vitrine. Aujourd’hui, cette situation inédite permet aux enseignes de tester le potentiel de la réutilisation d’anciens modèles déjà validés les années précédentes, pour économiser les coûts de conception et de fabrication de prototypes.

2 et 3 // Des défilés 3D au patronage 0 déchets

En général, pour réaliser un produit à la chaîne, on découpe sur des matelas de tissus le modèle, et 22 % de ces chutes de matières ne sont pas utilisées et sont brulées. Ces chutes correspondent au contour des cols, des manches, aux raccords d’imprimés pour les tissus à motifs… Cela représente des coûts financiers et environnementaux importants.

La réalisation des prototypes 3D est depuis longtemps en développement dans le secteur du textile, et elle s’accélère durant cette crise. Espérons que cela se pérennise pour réduire les coûts de fabrication et d’aller-retour en avion pour la planète, même si les flux de données 3D ne sont pas 0 impacts, cela reste bien moins impactant.

Et si on profitait du développement des technologies 3D vu précédemment, pour accélérer l’emploi des patronages 0 déchets ? J’ai déjà pu voir ces patrons en œuvre dans certaines enseignes et cela fonctionne bien, une réduction de 22 à 2% de chutes de tissus mais la mise en place de ces patronages 0 déchets à un cout conséquent en R&D.

Ces exemples sont loin d’être les seuls, beaucoup d’autres projets seront mis en place et espérons qu’on saura sortir des aspects positifs de cette crise pour l’environnement et l’industrie de la mode.

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